Alger, la capitale algérienne a accueilli du 07 au 12 avril 2018, les travaux de la trente septième session du Conseil d’administration de l’union panafricaine des postes (UPAP).

D’importantes décisions y ont été prises pour un meilleur rayonnement de l’activité postale sur le continent africain. Ce fut surtout la session de la consécration du Burkina Faso qui a été honoré à double titre : l’élection du Burkina Faso à travers la personne de Totama Charles Millogo, le président de l’ARCEP Burkina, comme président en exercice du Conseil d’administration de l’UPAP et le choix porté sur le pays des hommes intègres pour abriter la 38 eme session de l’union en 2019.

C’est véritablement le mardi 10 avril 2018 que les délégués sont entrés dans le vif du sujet avec la tenue du Conseil d ‘administration. Placée sous la présidence de la Ministre des Postes, des Télécommunications, des Technologies et du Numérique, Mme Houda Imane Faraoun, la cérémonie d’ouverture a été un grand instant pour l’Afrique de réaffirmer sa foi en une poste vecteur des économies nationales et entièrement au service des populations africaines.

Au cours des travaux, les délégués ont pris connaissance du rapport d’activité du secrétaire général de l’UPAP qui a mis en exergue les enjeux majeurs de l’Union. On peut citer entre autres, le lancement proprement dit du Plan de Développement Régional, dont les projets phares sont le développement du Commerce électronique et l’inclusion financière et la préparation de la session extraordinaire de la Conférence de Plénipotentiaires et la préparation concomitante du Congrès extraordinaire de l’UPU, qui se tiendra pour la 1ère fois sur le Continent africain depuis plus de quatre vingt (80) ans. C’est un évènement remarquable pour le continent car au cours du congrès extraordinaire, d’importantes décisions sont susceptibles de marquer durablement la vie du réseau postal mondial.

Au plan de l’environnement des affaires, le secteur postal a été reconnu par l’Union africaine comme ayant un rôle stratégique dans la réalisation des Objectifs de Développement Durable des Nations Unies et des objectifs de l’Agenda 2063 de l’UA relatif à “l’Afrique que nous voulons”. Toute chose qui, selon le rapport est ‘’un heureux présage pour une grande impulsion au développement de notre secteur dans les années à venir’’.

Cependant, pour aboutir à cet objectif, l’UPAP doit surmonter plusieurs obstacles. Il s’agit entre autres des cadres juridiques existants qui entravent la réalisation de la plupart de ses objectifs dans cet environnement commercial moderne et très évolutif. A cela s’ajoutent la baisse continue des volumes du courrier, les évolutions technologiques, la concurrence déloyale, les nouvelles attentes des clients et les mutations profondes au niveau des habitudes de consommation.

Il ya aussi l’état de délabrement avancé et non connecté à internet des 36 000 bureaux de poste répartis sur tout le continent. Quand bien même la majorité des pays s’efforce d’améliorer son existence, la capacité des postes à financer leurs projets continue d’être un sérieux handicap.

Assurément,  l’avènement  de l’internet, corolaire de la mondialisation, a créé des perspectives de croissance pour la poste africaine pour renforcer sa capacité à opérer des adaptations et une diversification de ses produits et services en vue de répondre avec efficacité aux attentes de sa clientèle.

Sur le plan socioéconomique, la stabilité générale des économies de la plupart des Etats africains, dont la croissance moyenne continue d’avoisiner les 6% par an, couplée avec son appartenance au réseau de plus de 660 000 bureaux interconnectés à travers le monde, demeurent un atout incontestable de la Poste. La poste en Afrique c’est aussi le défi lié à la faiblesse de sa base financière ; à l’inadéquation de ses infrastructures technologiques et de son cadre institutionnel et opérationnel. Quand bien même diverses initiatives ont été engagées ça et là par les États membres dans le sens de l’amélioration de cette situation, la nécessité d’intensifier le développement technologique, d’améliorer la gouvernance et d’adapter le cadre juridique et réglementaire du secteur s’avère impérative, avec pour objectif d’insuffler la synergie tant recherchée en vue d’ouvrir la voie au changement structurant tant attendu.

Tous à Ouaga en 2019 pour la 38 eme session

C’est donc un bilan largement satisfait qui a été positivement salué par les délégués qui ont adopté le rapport du secrétaire général par acclamation.

En marge de cette 37 eme session, les régulateurs postaux ont tenu leur deuxième forum  le 11 avril 2018. Le thème principal du Forum était : « Les régulateurs et la régulation des services financiers postaux ». Il comportait des sous-thèmes relatifs au Cadre juridique, financier et institutionnel, la régulation des services financiers postaux et les échanges d’expériences et les meilleures pratiques présentées par des panelistes. L’objectif global du forum a été de partager les expériences et les meilleures pratiques, qui permettront à l’Union panafricaine des postes de proposer un modèle de régulation des services postaux en Afrique, dont notamment les services financiers et la messagerie express.

Les participants ont, à la fin de leurs travaux, proposé la mise en place des structures de régulation présentant la forme d’Autorité Administrative Indépendante dotée notamment d’une indépendance organique et d’une indépendance fonctionnelle. De même, il a été recommandé aux Etats membres de mettre en place une  politique et une règlementation  adaptative pour l’inclusion financière  numérique, ainsi que des bases de  données statistiques postales  régulièrement mises à jour.

Le Secrétariat  général  a été instruit par le Conseil d’administration  d’accélérer  le processus de l’élaboration de la directive  en vue  de mettre les Etats membres au même diapason.

La participation à cette 37 eme session a été importante avec notamment la présence des Etats membres suivants du Conseil d’administration et de nombreuses organisations. Il s’agit de l’Union Postale Universelle (UPU), UAT, CRASA, CPEAO, COPTAC, UNIGLOBAL, Inter Africa Express, La Poste Suisse, JAPAN POSTS, Business France Tunis, Post Europe et le Groupe La Poste  France.

Au cours des travaux, l’UPAP a obtenu le soutien et l’accompagnement de ces partenaires qui lui ont renouvelé leur confiance et dit leur engagement à être à ses cotés pour les combats futurs. Il s’agit principalement de l’organisation du Congrès extraordinaire de l’UPU en 2018, à Addis-Abeba et du 27ème Congrès en 2020 à Abidjan en Côte d’Ivoire. Toute chose qui montre tout l’intérêt porté sur les activités de l’UPAP.

Dans son discours de clôture de la session, Tontama Charles Millogo,  en sa qualité de nouveau président du Conseil d’administration, a dit son sentiment de satisfaction et affirmé que le bilan est positif car la session  a été extrêmement productive, marquée par la prise de décisions très importantes pour l’UPAP.

Il a indiqué que les travaux ont permis de réaffirmer le rôle crucial du secteur postal dans le développement socio-économique de l’Afrique.

Le président Millogo a terminé ses propos en insistant sur le plaisir pour le pays des hommes intègres d’accueillir la 38ème session à Ouagadougou en 2019.