Dans le cadre de l’opérationnalisation du fonds pour l’accès et le service universels et pour contribuer surtout à l’inclusion numérique, l’ARCEP a offert à l’Union Nationale des Associations Burkinabè pour la Promotion des Aveugles et Malvoyants (UN ABPAM), un lot de matériels informatiques. En outre, une séance de formation a été initiée dans le but de transférer les compétences sur la gestion des logiciels spécifiques au handicap visuel. A la faveur de cette formation, le Président de l’UN ABPAM, Christophe OULE, revient sur la nécessité de promouvoir l’inclusion numérique.

 

Soumanan Sanou, Chef de Département service universel de l’ARCEP ( à droite),  remettant symboliquement un ordinateur au Président de UN ABPAM, Christophe OULE

Question : Vous venez de procéder au lancement d’une formation, quels sont les objectifs poursuivis ?

 

Président ABPAM : ce matin nous avons procédé à l’ouverture d’une séance de formation sur les logiciels spécifiques liés au handicap visuel. Elle a été facilitée par le don de l’Autorité de régulation des communications électroniques et des postes (ARCEP) à hauteur de vingt-deux ordinateurs et bien d’autres matériels informatiques pour l’usage des élèves handicapés visuels. L’objectif visé est que les encadreurs pédagogiques, qui vivent avec ses enfants, qui les encadrent dans les différentes zones concernées par notre scolarisation, puissent avoir des éléments et être à même de former les élèves handicapés visuels pour l’utilisation de l’outil informatique.

 

Question: Relativement à la formation des encadreurs, quelle est la problématique à laquelle vous êtes confronté ?

 

Président ABPAM : La problématique c’est surtout au niveau de la scolarisation des personnes handicapées visuelles depuis le pré scolaire, le primaire, le secondaire jusqu’à l’université ainsi que la formation professionnelle. Nous avons un sérieux problème d’accès à la documentation. Les manuels ne sont pas accessibles, les livres pédagogiques et autres livres de recherche ne sont pas non plus accessibles. Les technologies de nos jours permettent cette accessibilité, mais encore faut-il que ces personnes soient formées pour pouvoir utiliser ces technologies et qu’elles soient aussi soutenues pour avoir ces technologies. Aujourd’hui, l’ARCEP nous a soutenus pour que ces technologies soient à la disposition des élèves et qu’on puisse former les encadreurs à l’utilisation de ces technologies. Cela leur permettra d’aller chercher des livres, des manuels pour faciliter leur apprentissage.

une vue des participants à la formation

Question: A l’heure de l’inclusion numérique, quelle attente avez-vous à l’endroit des autorités ou toute personne de bonne volonté

 

Président ABPAM : Le terme approprié c’est effectivement toute personne de bonne volonté. De nos jours on parle d’un monde numérisé, de technologies, et du fait que les technologies peuvent contribuer à booster le développement. Mais le développement commence par l’individu car il faut qu’il soit formé pour pouvoir aller et venir partout dans son pays et contribuer à son développement. Nous, personnes handicapées, avons besoin d’être considérées comme les autres car nous ne sommes pas des personnes à part. Nous devons aussi suivre le mouvement, être formés autant que les autres en vue de pouvoir utiliser l’outil informatique. C’est en cela que nous avons besoin de tout le monde à tous les niveaux pour nous permettre l’accès à ces technologies.

 

Question: Quel est votre mot de fin

 

Président ABPAM : Nous remercions les premiers responsables de l’ARCEP d’avoir tout de suite entendu et compris notre cri de cœur, lequel cri de cœur est relatif à l’accès à l’outil informatique, d’avoir joué son rôle de régulateur parce que les personnes handicapées surtout les handicapés visuels ont très peu d’accès à cette technologie du point de vue du coût et de la formation. Ces deux éléments se retrouvent aujourd’hui réunis avec l’appui de l’ARCEP. Mon appel est que toutes les bonnes volontés contribuent à l’inclusion numérique de toutes les personnes handicapées ou qu’elles soient.