Kigali, la capitale rwandaise accueille à partir de demain mercredi 10 mai 2017, le sommet de Transform Africa

En marge de cette importante rencontre, les régulateurs africains se sont retrouvés ce lundi 09 pour approfondir la réflexion sur le grand défi du free roaming. C’est-à-dire l’opportunité donnée aux abonnés africains de téléphoner aux coûts locaux partout où ils se déplacent.

De nombreux régulateurs ont pris part à ce cadre d’échanges. Le Burkina Faso y était représenté par Tontama Charles Millogo, président de l’Autorité de régulation des communications électroniques et des postes.

Le partage d’expériences a été le point essentiel de ces échanges, car pour l’instant, la mise en œuvre du free roaming est faite par région avec des fortunes diverses. Ainsi, pour ce qui est de l’Afrique de l’Ouest, l’initiative a été lancée en novembre 2016 et est présentement à l’expérience depuis le 31 mars. Par contre, dans des régions comme l’Afrique de l’Est, les choses ont commencé plus tôt et sont donc plus avancées. La rencontre de Kigali sera une bonne occasion pour échanger sur les expériences vécues par les différents pays et sous-région.

En Afrique centrale, des pays comme le Gabon a par exemple négocié avec les opérateurs pour avoir leur adhésion. Il expérimente également des outils performants de lutte contre les fraudes par sim box.

L’Afrique de l’Ouest pour sa part a partagé son expérience en rappelant que la date du 31 mars avait été arrêtée pour la mise en œuvre d’un protocole d’accord sur le free roaming. Les difficultés rencontrées seront examinées au mois de juillet.

Les échanges ont permis de mettre en relief le fait que cette expérience méritait d’être menée car elle a permis une augmentation importante du trafic en roaming. Cependant, il existe encore des obstacles à sa meilleure implémentation. Il s’agit entre autres de la fraude sur le trafic et de la problématique de l’identification des abonnés dans le contexte de terrorisme.

Certains participants ont expliqué qu’au regard de l’importance du projet et de l’implication personnelle des chefs d’Etat, tout doit être mis en œuvre pour le réussir.

Les participants s’engagent à faire de ce free roaming une réalité pour l’ensemble des pays.

Cette rencontre s’est tenue sous le leadership de Amadoun Touré, ancien secrétaire général de l’Union internationale des télécommunications (UIT) et actuel directeur exécutif de Smart Africa qui est un projet de construction d’une infrastructure télécom clé en Afrique sub-saharienne, avec pour objectif de connecter à Internet toute cette partie du continent.

Amadoun Touré a indiqué que la création d’un réseau unique à travers le free roaming est une chance pour l’Afrique pour réussir l’intégration entre les peuples. Pour gagner ce combat, il faut que les pays s’unissent pour vaincre toutes les forces de résistance, notamment certains opérateurs qui ne veulent pas du free roaming et qui pourraient utiliser de manœuvres pour bloquer le dossier. Amadoun Touré a invité les régulateurs à plus d’engagements pour la mise en œuvre du free roaming qui sera profitable aux consommateurs. Il faut aussi mettre en œuvre, le data roaming.

Au-delà du free roaming, Smart Africa a aussi dans sa ligne de mire la bataille pour exiger que les données des trafics de l’Afrique restent dans les pays. Ce qui n’est pas le cas actuellement.

Il veut également servir de cadres de débats qui porteront sur divers sujets dont celui de la sécurisation des communications des abonnés africains et particulièrement de leurs dirigeants politiques dont les chefs d’Etat du continent. Le succès des actions des régulateurs est conditionné par leur capacité à rester solidaires. Pour ce faire, on s’achemine vers la création d’un comité des régulateurs africains.

Quant au sommet de smart Africa, il doit servir de cadre d’engagements et de discussions pour gérer efficacement les défis uniques et complexes auxquels sont confrontées les villes africaines en utilisant les données et la technologie.Il sera aussi question de chercher à tisser des partenariats innovants pour fournir Internet à tous les continents. C’est-à-dire, travailler à connecter la grande majorité des personnes dans le monde, notamment en Afrique où elles ne bénéficient d’aucune expérience sur le haut débit et sont par conséquent, exclues des bienfaits de l’économie numérique. Il faut alors s’atteler à identifier les obstacles à la connexion par le biais du partage des modèles innovants d’affaires, de financement et d’investissement dans le large bande.